BARA de Madagascar

Photos & Vidéos de BARA

lundi 1 août 2016

Rebellion malgache



   Qui n'a pas lu dans ses manuels d'histoire l'épopée du Vy Vato Sakelika 1913-1916  et du Mouvement Démocratique de Rénovation Malgache 1946-1947 (VVS et MDRM) ?

   Les Bara ne sont pas en reste puisqu'il y eu des insoumis tels que :

  • Ramieba
  • Inapaka
  • Laitafika, fils de Ramieba, arrêté pour insoumission puis exécuté par les troupes françaises le 15 mai 1897

   Que reste-t-il de cette capacité de manifester face à l'injustice en 2016 ?

   Ce reportage nous donne un aperçu de la situation malgache qui, grosso-modo, semble être identique à celle des autre nations "timides" à l'instar des "nuits debout" française...

   Ouvrons le bal en donnant la parole au célèbre juriste... 

   "Izay manitra vao - Nous sommes sommes à la recherche de ce qui est clinquant (...) Excusez-moi mais la notion de république n'a pas de sens pour les malgaches" 
Raymond Ranjeva (séquence 3mn25)  

   "Ny adidy tsy an'olon-dratsy - Parce que ce n'est pas aux mauvais que l'on confère les devoirs" 
Prince Tsimamanendry (séquence 4mn59) 

   "Avoir du pouvoir en 2016 à Madagascar (...) l'être est confondu avec l'avoir ici et le pouvoir aussi"
Masolo-Valiavo Andriamihaja  (séquence 6mn31)

  "je ne croit pas qu'Il y ait le culte du héros dans la tradition malgache parce qu'il y a lle phénomène de la jalousie dès que quelqu'un s'élève tout le monde se met ensemble le ramener au même niveau". 
Sylvain Urfer (séquence 7mn47) 

 "Monja Jaona était sensible aux problèmes fonciers (...) un héros"  
Gabriel  Rabeharinana (séquence 9mn19)  

   "ils deviennent des contestataires silencieux Said... 1972-19991-2002-2009 il y a eu des meneurs (...) mais des opportunistes (...) puis ils ont intégré le système (...) alors qu'être rebelle c'est l'avoir dans l'âme et le rester"
Masolo-Valiavo Andriamihaja (séquence 10mn58) 

   "le mouvement du groupe Mahaleo des années 1970"
Bekoto (séquence 11mn39)


"le maître Vergès malgache"
Willy Razafinjatovo - alias olala (séquence 12mn34)
e

   "les malgaches ne sont pas passifs (...) mais ils ne savent pas revendiquer" 
Virginie Razafindravola (séquence 13mn58) 
ONG Fanamby



  

   


   

   

   Voici la solution d'après ce fin connaisseur de la société malgache : "Remplacer le "fihavanana familial" par le "fihavanana citoyen". Traiter l'autre le voisin comme un parent et  il y a quelque chose dans le fond culturel de la population malgache qui se prête à ça et qui ne demande qu'à être développé".
Urfer  (séquence23mn32) 


   "celui qui paye ses impôts est déjà un rebelle (car la plupart ne le font pas)  ! 
Tsilavina Razafinirina (séquence24mn52)

Document source :



   Supplément commentant le document précédent : 




Photo du mois

FITIBA

Musiques du mois

   Vous trouverez sur ce site annexe quelques artistes engagés.

(voir les vidéos)


dimanche 10 juillet 2016

"Grand Personnage"

Panthéon et modèles - Souverains & Personnalités



    D'après le dictionnaire ethnologique Bara-Français de Luigi Elli (page 368) les Bara désignent par Olo be  :
  • "Grand personnage"
  • notable
  • chef de clan
  • ancien
  • adulte
  • tout homme respecté par ses pairs en raison de sa position ou de sa remarquable personnalité.
   A ne pas confondre avec lonaky qui semble plus approprié (page 329) au :
  • patriarche
  • chef de clan
  • chef de lignée
   Ce terme respectueux pour désigner les anciens peut encore représenter, par extension :
  • village du roi
  • maison du patriarche
   L'histoire des Bara est riche de personnalités que vous pouvez retrouver à la page qui leur est dédiée sur le site.


   Depuis l'indépendance, on peut citer par exemple le premier vice-président de la République : Calvin TSIEBO


ou encore le fondateur de l'actuel FITIBA, l'association des Bara : Pierre NAKANY


   A Madagascar, par définition, les Razana trouvent leur place dans le panthéon familial, d'où leur rôle protecteur. On les invoque bien pour cela d'ailleurs et on renouvelle régulièrement aussi leur linceul : c'est ce que l'on appelle (à tort) "retournement des morts". Effectivement, "renouvellement du linceul" serait plus juste.

   Depuis l'accès à l'école et à la mondialisation, qu'est-ce qui nous empêche d'adopter d'autres personnages illustres tout en y introduisant des femmes qui ont marqué l'histoire de l'humanité ? C'est l'objet de cette page : 


     Avant d'être Olo be ils sont tout d'abord olo, c'est à dire des humains. Certes, en tant que "Grands personnages" ils servent de modèles mais on a tendance à les idéaliser alors qu'en tant qu'hommes, ils avaient aussi leurs défauts. Ces faiblesses étaient alors du pains bénis pour leurs adversaires et les détracteurs en tout genre.

   Même le grand Gandhi n'échappe pas à cette controverse. C'est pour cela qu'il est indispensable de bien connaître sa biographie, afin d'en faire un modèle pour notre société actuelle, tout en reconnaissant ce qu'il ne faut plus reproduire. Ce qui nous choque et nous révolte aujourd'hui - en ce qui concerne la vie du Mahatma - ne sont que les fruits de l'éducation de l'époque et de la force du surmoi ambiant...

(source)
   Qui pourrait dire que le fait d'être marié à 13 ans n'a pas laissé de trace dans la vie de Gandhi ? Si vous plongez dans sa biographie, plusieurs autres "anecdotes" pourraient expliquer certains cours de l'histoire...

   Et si vous n'avez pas encore vue le film...


... voici quelques séquences fortes de cette histoire :

   Gandhi se fait expulsé du train en Afrique du Sud. Habillé à l'occidental, jeune diplômé d'Angleterre il vit l'expérience du déclassement et entre de plein pied dans l'univers du racisme.
    Ayant terminé avec succès sa longue mission en Afrique du Sud, il rentre en Inde. Il a troqué ses vêtements occidentaux pour renouer avec les attributs traditionnels et va à la (re)découverte de sa culture.
     Entre la tenue assez riche lors du débarquement Inde et pendant la traversée du sous continent indien, il s'est encore ajusté aux réalités du pays : sa tenue se rapproche encore plus de la sobriété des plus démunis.
   Chez les jaïns, les sages déambulent nus. On dit qu'ils sont "vêtus de ciel". Gandhi, lui, est "vêtu de barreaux" car il passera beaucoup de son temps en prison.
   Torse nu derrière les barreaux, le pratiquant de la désobéissance civile est en parfaite harmonie avec ses idées. Il n'a jamais refusé ses responsabilités, à l'image de son modèle, David Thoreau, il a accepté les sanctions dans ces moments de refus d'injustice. 

   Combien de nos dirigeants oseront de nos jours prendre les mêmes risques ? La tendance est plutôt le refuge dans l'immunité parlementaire ou de l'exécutif pour abuser du sytème.
 
   A la sortie de prison, Gandhi est présenté ici dans sa tenue définitive. Il est reçu parmi les autres leaders lors de cette lutte pour l'indépendance.

   Ils se retrouvent tous dans un salon cossu "à l'anglaise"... comme sont vêtus ces chefs indiens.

   Seul le personnel est en tenue traditionnelle.
  
   Gandhi ôte des mains du serveur le plateau et il va servir ses camarades de lutte. Ce geste fort montre qu'il faut faire abstraction de ses privilèges pour défendre la cause de son pays !
   Retour en prison de nouveau... Comme le souligne les rayures sur sa tenue, les barreaux métalliques sont rappelés par des traits noirs, imprimés sur ses vêtements.
   Aussitôt libre, il retourne avec les siens (endimanchés) pour faire avancer la lutte.
 
     Maîtrisant la communication, Gandhi est torse nu lors des meeting. Il porte seulement le  dhoti ou pagne de coton indien.
      Il invite aussi tous les indiens à boycotter le tissu anglais.
      Tandis que les autres leaders ne font pas preuve d'exemplarité.
    Retour en prison de ce frêle homme qui fait trembler l'Angleterre.
  
     Le "fakir à demi nu", comme l'appelle Churchill, doit se présenter devant ce qui reste de l'autorité anglaise.
    Cette réunion de travail chez Gandhi montre le contraste entre l'environnement du penseur et celui des autres leaders indiens.
    En retrait dans ce moelleux "salon victorien" Gandhi sent la partition de l'Inde s'installer.
   Amer, il attendra le dernier attentat qui le libérera de cette victoire douce-amer contre l'Angleterre, mais une réelle défaite contre l'Union. 
   Un document d'Arte nous montre des images d'archives révélant ce qui devait être destiné au public occidental. Plusieurs incohérences nous font penser à de véritables mises en scène... avec la connivence des anciens camarades de lutte du défunts. 





   Comme nous l'indique cette dernière séquence, certaines idées de Gandhi seront enterrées en même que lui : En haut le drapeau proposé par le Mahatma et en bas celui de l'Inde flottant pendant ses obsèques.

     Les hommes ont pourtant besoins de symbole fort...

___oOo___

   Afin de faire le lien avec l'article du mois précédent de ce blog, je vous invite aussi à lire :
(lire l'article)
Image du mois