BARA de Madagascar

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dimanche 22 décembre 2013

Retour au moyen-âge

Quel devenir au lendemain des législatives ? - Ihorombe tsy mihemotsy !
Chaque 20 décembre, les réunionnais fêtent un grand évènement : la COMMÉMORATION DE L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE. Effectivement, le 20 décembre 1848 fut promulgué le décret interdisant l'asservissement d'êtres humains dans l'île voisine.












Le 20 décembre 2013, les Bara et tous les autres électeurs malgaches ont fait le choix de leurs députés. Est-ce que les urnes vont révéler un renouveau ? Ou serait-ce la confirmation d'une "nouvelle transition" pour le prochain quinquennat ?

Certains (ir)responsables malgaches ont déjà fêté à coup de feux d'artifices leur victoire, alors que bien de compatriotes ne mangent pas à leur faim et meurent de la peste... 

(lire l'article)


En attendant les résultats définitifs, voici un extrait de 11mn19 d’interview de l'anthropologue - Jacques Lombard - de l'Institut de recherche pour le développement, afin de mieux comprendre la situation socio-politique malgache actuelle :



séquence 03mn09 : « Madagascar a hérité de tout un système administratif et démocratique qui ne cesse pas de se transformer et de s’adapter à la réalité profonde de ce pays ».

séquence 04mn03 : "il faut voir les choses sur une trentaine d’année"

séquence 05mn04 : "tout est bon pour trouver des ressources".

séquence 05mn11 : "la Chine est le principal partenaire commercial actuel de Madagascar… et ce qui a permis au président de la HAT (Andry Rajoelina, qui a été marginalisé par la communauté internationale) de survivre".

séquence 06mn23 : "l’Etat et la fonction publique sont en déshérence... les rivalités, les ambitions et les convoitises qui s’expriment dans l’espace politique , au sens plus large, sont directement liés aux tentatives de contrôle de cette manne, mais sans redistribution réelle aux niveau de la population dans le cadre d’une politique de développement".
séquence 07mn30 : "20% de déficit sur la production de riz et le nouveau président sera obligé d’acheter entre 40 et 50 000 tonnes pour assurer l’étiage de la consommation".

Ensuite le journaliste lui demande s'il y a une "emprise croissante auprès de la population par les églises"

séquence 08mn03 : "on ne peut pas comprendre la situation politique à Madagascar si on n’essaie pas de comprendre le rôle des églises"

séquence 08mn49 : "un pasteur très connu à Andravoangy, Jean Joseph Randrianantoandro, a pendant 20 à 30 ans assuré et développé un mouvement "revivaliste" qui a permit une mobilisation massive à Madagascar"

séquence 09mn29 : "Ce dissident de l’Eglise Réformé a créée sa propre Église qui a été interdite par Marc Ravalomanana, lui-même étant vice-président du FJKM (Église Réformée)".

séquence 09mn51 : "le discours tenu est la "DEMONianisation" de celui d’en face : il s’agit de savoir si on était porteur du dessein de dieu et si l’autre n’était pas le démon qui interdisait dessein de dieu  de s’exprimer".

séquence 10mn23 : "il a eu une espèce de profil bas, d’accord parti entre les Églises pour ne plus apparaître directement dans le champ du politique. Mais elles continuent néanmoins à l’intérieur de leur propos et de leurs sphères à tenir un discours général qui leur permet au fond de conduire et de continuer à conduire une position de critique très nette à l’égard de la force politique  adverse".
(écouter l'émission)
Voici encore une occasion de se plonger dans la (re)lecture de l'ouvrage de référence "Bible et Pouvoir à Madagascar au XIX° siècle" de Françoise Raison-Jourde (agrégée d'histoire - maître de conférence de l'Université de Paris VII - docteur ès lettres - enseignante à Madagascar entre 1965 et 1973).


Cette photo nous renvoie à un environnement médiéval.


La peste était bien une pathologie médiévale en France. Elle est toujours présente à Madagascar comme l'a si bien expliqué le professeur Christophe ROGIER, directeur de l'IPM d'Antananarivo. 

écouter l'interview

Cet agrégé de biologie, spécialiste de la malaria, a été un de mes patrons à l'IMTSSA.

Voici un autre reportage vers Ankazobe, toujours sur la peste.


écouter FranceInfo du 18.02.2014



dimanche 24 novembre 2013

Chef de région

Filoha miaramila - Ihorombe
Depuis le 20 novembre 2013 le colonel REBIRAKE a la charge de diriger le pays Bara !


Bara du mois - Ivohibe
Honorine Razafindrafara est une femme d'exception donc elle mérite d'être la Bara du mois. Effectivement, elle a bouleversé le village d'Ambatovita dans le district d'Ivohibe.


dimanche 17 novembre 2013

Futurs députés d'Ihorombe

Solom-bavam-bahoaka - Bara
Maintenant que l'élection présidentielle est terminée (choisir entre le premier candidat et le second revient au même !) il est temps de se concentrer sur le choix de votre représentant et porte-paroles.

Rater l'élection législative, c'est la garantie de vivre un quinquenat de transition (présidé, soit par un pro-Ravalomanana, soit par un pro-Rajoelina) qui plongera Madagascar dans l'abîme.

Dans la région Ihorombe, les Bara auront à choisir parmis ces trois listes en fonction de leurs districts respectifs le 20 décembre 2013.

District IAKORA
(source céni-t)

District IHOSY
(info sur Ihosy
erratum : lire MATSUBARA au lieu de MATSUBANA pour le patronyme du septième titulaire du district d'Ihosy.

District IVOHIBE
(info sur Ivohibe)

Le parti vert Hasin'i Madagasikara présentera 142 candidats aux élections législatives dans les 119 disctricts des 22 régions de Madagascar !

Pouvoir Législatif & Pouvoir Exécutif
Il est temps de rappeler aux citoyens les enjeux du 20 décembre :

  • Le deuxième tour de l'élection présidentielle désignera le chef du pouvoir  exécutif. Étant donné le choix (voir leurs candidats députés respectifs) c'est dire l'absurdité de ce scrutin !
  • L'élection législative désignera vos députés, c'est à dire le pouvoir législatif. Parmi les 2 052 candidats, seuls 151 siégeront à l'Assemblé Nationale pour :
       - Voter les nouvelles lois.
       - Proposer le ou la futur(e) Premier(e) Ministre. La majorité parlementaire doit proposer un Premier Ministre, que le nouveau président devra accepter ! 

________________

Mise à jour ce 06.06.2015 :

     Le district de Beroroha ne fait pas partie de la région Ihorombe, cependant, plusieurs Bara y vivent. D'ailleurs, le président du FITIBA élu en octobre 2014 s'y est présenté comme candidat. Il s'agit de Charly NAKANY.

District BEROROHA



dimanche 10 novembre 2013

Tout n'est pas perdu...

Résultats 1° tour
Libre à chacun d'interpréter ces résultats selon sa grille de lecture :

  21,10% : Jean Louis Robinson Richard (n°33)   =>   30 candidats députés ! ? !
  15,93% : Hery Rajaonarimampianina (n°3)      =>   0 candidat député  ! ! ! ! ! 
  10,51% : Hajo Herivelona Andrianainarivelo (n°6) 
  09,00% : Ratsiraka Iarovana Roland (n°5)
  06,85% : Vital Albert Camille (n°10)
  04,50% : Rabearisoa Saraha épouse Georget (n°16  =>  142 candidats députés
  04,35% : Razafindravahy Edgard Marie Noé (n°34)
  02,69% : Rajaonarivelo Pierrot Jocelyn (n°28)
  02,32% : Randriamampionona Joseph Martin (n°33)
  02,23% : Radavidson Andriamparany Benjamin (n°9)
  02,14% : Ratrema William (n°32) 
  02,13% : Voninahitsy Jean Eugène (n°27)
  01,61% : Razafimanazato Julien (n°37) 
  01,51% : Monja Roindefo Zafitsimivalo (n°20) 
  01,38% : Rabemanantsoa Brigitte (n°8) 
  01,28% : Rabetrsaroana Willy Sylvain (n°39) 
  01,15% : Ravalisaona Clément (n°1) 
  01,10% : Rakoto Andrianirina Fetison (n°7) 
  00,89% : Randriamanantsoa Tabera (n°31) 
  00,88% : Razafiarison Laza (n°19) 
  00,88% : Lahiniriko Jean (n°25) 
  00,86% : Rajaonary Patrick Ratsimba (n°15) 
  00,86% : Rajemison Rakotomaharo (n°23) 
  00,75% : Tehindrazanarivelo Alain Djakoba (n°22) 
  00,71% : Rabearison Roland Dieudonné dit Vahombey (n°4) 
  00,54% : Faharo Ratsimbalison (n°38) 
  00,43% : Raharimanana Venance Patrick (n°35) 
  00,34% : Dofo Michael Bréchard (n°12) 
  00,31% : Noëlson William (n°40) 
  00,25% : Lezava Fleury Rabarison (n°41) 
  00,24% : Ratrimoarivony Guy (n°36) 
  00,22% : Rakoto Jean Pierre (n°11) 
  00,22% : Tianasoa Freddy (n°18) 



Interviewée par RFI, Ketakandriana Rafitoson, politologue malgache explique à la séquence : 
  • 3mn48 : que les 62% de taux de participation reste un taux habituel (beaucoup de blancs et de nuls) d'où l'intérêt de s'interroger si c'est une   volonté implicite ou une forme de contestation ? (dans tous les cas, "des données non négligeables" la politologue dixit)
  • 3mn38 : peur de la politologue sur le jumellage du 2° tour de l'élection présidentielle et des élections législatives ("quel type de bulletin sera utilisé ?") 
écouter l'interview


Pour ma part, les deux premiers candidats ne sont toujours que de vulgaires candidats de substitution (voir article sur les candidats DRAMOTSY).



lire l'article
Et bien qu'absent au second tour, le franc succès du Parti Vert dans l'Ibara ne me laisse pas indifférent. 



Ce sucès du Parti Vert s'explique par le fait que les Bara ont toujours été conscient de l'intérêt de l'environnement - n'en déplaise aux détracteurs - et qu'ils se sont toujours pris en mains, comme le témoigne la Bara du mois (lire l'article sur Ivohibe et le WWF) RAZAFINDRAFARA Honorine.

Il est aussi possible de voir les résultats par régions et districts sur un excellent blog : Paesaggio

Que faire au 2° tour ?
Plus que jamais les électeurs doivent rester vigilents et ne pas hésiter à sanctionner les deux anciens régimes (donc les 2 candidats au second tour) par le biais :

  • d'un vote aux élections législatives (VOTER PARTI VERT SI C'ETAIT LE CAS AU PREMIER TOUR), ce qui permettra de ne pas se faire voler définitivement cette élection !
  • d'un vote BLANC au second tour de l'élection présidentielle (le fameux "Ni, Ni")
Inévitablement, l'un des deux sortira vainqueur, mais au moins vous aurez un vrai député ; ce qui n'est pas négligeable car c'est lui qui parlera en votre nom (solom-bava-bahoaka) quand viendra le moment d'élaborer et de valider les nouvelles lois.

Dans tous les cas, d'ors et déjà, on peut dire alors que Madagascar est rentré dans une autre transition car : 

il n'y a vraiment aucune différence, en terme de "loyauté"
entre Jean Louis Robinson Richard (poulain de Ravalomanana)
et Hery Rajaonarimampianina (poulain de Rajoelina) 




Dans 5 ans, j'espère qu'une réelle prise de conscience sera au rendez-vous !



jeudi 17 octobre 2013

Maintenant ou jamais !

Hazomanga Sagaie & Lefo
Le destin de Madagascar est entre les mains de 7 823 305 électeurs.

Pour ceux qui hésitent encore, ce pays à majorité paysanne, a besoin de la promotion du monde rural pour la sauvegarde de son environnement.

Pourquoi BEKOTO vote VERT
Bekoto fait aussi partie du groupe Mahaleo, qui a toujours été présent à chaque épisode marquant l'histoire de Madagascar...

découvrir son blog

Malgaches, ne faites pas la même bêtise que les français :
  • ils n'ont pas voté VERT et se lamentent de la situation actuelle...
  • et les français trouvent que "c'est la même chose" Sarkozy et Hollande...
  • et les français votent Front National aux élections municipales...
  • entre temps l'environnement se dégrade et toutes les créations d'emploi dans le secteur de l'environnement sont gelées par les lobbies pétroliers et autres...
Mais revenons à Madagascar car les média internationaux s'en désintéressent comme l'a si bien remarqué France Culture (BRAVO !  Véronique Rebeyrotte !). Effectivement, il faut que le désastre arrive pour paraître à l'antenne. Et c'est le cas !
Voici donc une émission à réécouter car elle donne la parole aux malgaches, pas les candidats à la présidentielle, mais ces malgaches oubliés dans leurs souffrances.
Son titre explicite nous plonge dans la triste réalité du monde rural : 
Madagascar, silence on meurt Betioky
Jean-Eric Rakotoarisoa, professeur de droit et analyste politique à l’université d’Antananarivo, résume très bien l'inefficacité du pouvoir actuel et même ceux d'avant...

écouter l'émission du 19.10.2013
Enfin, la pertinente analyse de Mireille Razafindrakoto invite à la réflexion dès la fin du premier tour des élections...


pourquoi elle soutient les Verts

Suivre l'interview de la candidate N° 16 sur TV Plus :

émission du 17 octobre 2013





Pour vous familiariser au bulletin :

Il n'y aura pas beaucoup d'électeurs dans la Région Ihorombe... 


Affaire à suivre à BENENITRA

source RFI
Photo & mozika du mois
C'est la dernière ligne droite avant le premier tour. Raison de plus pour donner un petit coup de pouce au Parti Vert malgache : 



Pour la musique du mois, le choix reste sur Matsubara qui est bien représentatif de la Région Ihorombe.





lundi 30 septembre 2013

Un parti pour la patrie

Tanindrazana - Patrie Territoire
"Si les gens avaient le choix entre une vie honnête et devenir dahalo, peu d’entre eux choisiraient cette dernière voie" disait la présidente du Parti Vert de Madagascar sur Midi Madagascar le 28 septembre 2013.

Lire son Programme
Ce programme est aussi résumé en musique et en malgache au rythme du traditionnel Hira Gasy !


écouter
Pour mieux connaître cette candidate qui représente le salut de la nature - dont les Bara et tout le peuple malgache en font partie - il ne faut pas rater la prestation de Saraha Georget Rabeharisoa sur TVM le 02 octobre à 21h30 locales.

samedi 31 août 2013

Tompontany & Terroire

Tanindrazana - Patrie Territoire

Dès 1954, l'ethnologue Jacques Faublée évoque la notion de tompotany (souvent traduit par « maîtres de la terre ») chez les Bara de Madagascar. 

Un article intitulé "Perceptions et usages de la forêt en pays bara (Madagascar)" dans la publication BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2003, N° 278 (4), de Bernad Moizo mentionne que :

   "En principe, ceux qui le (titre de tompontany) possèdent peuvent tout contrôler dans leur territoire". (p29)

Dix ans après, que reste-t-il de ce statut par rapport à la terre ?

Rappelons-nous que "l'affaire Daewoo" fut l'un des révélateurs de la politique de libéralisme à outrance de Ravalomanana et qui a conduit à sa chute justifiée.

Notons aussi au passage, que ce cas n'est pas unique au monde, et souvent les publications font toujours référence à "l'affaire Daewoo" dès lors que l'on évoque ces multinationales qui changent souvent d'identité (sous d'autres noms d'emprunt - donc avec la complicité des locaux) pour l'aquisition de terres agricoles...

Aujourd'hui dans l'Ibara, le groupe Tozzi Green promet un meilleur avenir aux Bara et dans le respect des lois malgaches selon leurs dires. En face, d'autres se plaignent de l'irrespect de cet investisseur...

Dans tous les cas, ces deux versions révèlent bien un malentendu, une mésentente, qui a mon humble avis s'estompera de lui-même, dès lors qu'un réel PARTAGE sera réalisé. J'entends bien :

  • un partage des charges - contraintes - responsabilités - peines...
  • un partage des bénéfices - récoltes - avantages - joies...
Afin de mieux se forger une opinion (et de porter un jugement dans le temps), mieux vaut voir chaque version :

  • celle de Tozzi Green, consulter leur site
  • celle des autres, faute de site et/ou d'avis des associations Bara, je ne dispose que de quelques documents...

Plainte à Satrokala datant du 23.06.2013



Justificatif des Tompontany de Mahavondraky & Manasoarena

et comme le conclue l'article de l'Observateur datant du 31.07.2013 :


"affaire à suivre"
En attendant, pour limiter les malentendus, le parti Hasin'i Madagasikara a déjà proposé une solution simple et efficace : "rédiger les contrats en malgache"


(re) lire l'article
Effectivement, les investisseurs ont suffisamment les moyens de s'offrir des interprètes. Ce qui n'est guère le cas des TOMPONTANY.

Et pour joindre l'utile à l'agréable, cela créera des emplois aux lettrés malgaches par la même occasion non ? 

Enfin, des cas similaires restent à déplorer dans le monde. Rien ne vous empêche d'apporter votre petit soutien - à l'instar du colibri de Pierre Rabhi - car survivalfrance oeuvre dans ce sens :


"Lorsque les peuples indigènes sont expulsés de leurs terres, lorsque celles-ci sont détruites au nom du ‘progrès’, leur souffrance est indéniable : alcoolisme, maladies chroniques, mortalité infantile et inactivité sont, trop souvent, les effets de l’assimilation forcée à la société dominante.

Lorsque les peuples indigènes sont arrachés des terres qui inspirent leurs chants, leurs danses, leurs mythes et leur mémoire, une grave dépression peut survenir. Toutes ces pratiques sont les fondements de leur propre histoire; leurs rituels représentent une myriade de façons imaginatives de concevoir la vie. Sans leur terre, le maintien de leur identité s’effondre.

Lorsque les Bushmen entrent en transe sur le son rythmé de la danse, lorsque les Hopi chantent pour appeler la pluie et que les Enawene Nawe jouent de leur flûte au crépuscule, ils renforcent la cohésion sociale et célèbrent leur union avec la Terre. La perte de leurs terres est catastrophique, mais la solution à leurs problèmes – la reconnaissance de leurs droits territoriaux, en faveur de laquelle Survival mène campagne depuis plus de quarante ans – est simple."


Voir aussi l'article du SIF sur les Bara : 


L’accaparement de terres par les grands investisseurs étrangers œuvrant dans l’exploitation agricole Région Ihorombe

"Suite aux investigations menées sur place, il a été constaté que le bail emphytéotique du terrain de 6558Ha 78a 16ca, cédé à la société Tozzi Green, constitue un choc pour la population locale, ayant été fait à son insu. La Région d’Ihorombe est majoritairement habitée par le foko Bara, lequel vit essentiellement de l’élevage extensif de zébus, ayant besoin d’une superficie de plus de cinq hectares chacun par an, pour bien vivre. On y répertorie plus de 600 000 têtes de zébus. Il est important de noter que l’homme, les animaux, accessoirement les zébus, l’eau et la terre sont interdépendants dans la société Bara. Si l’élevage de bovins connaît un blocage, le reste suit.

Depuis la Royauté, les lois qui se sont succédé ont toujours reconnu la présomption de domanialité. Autrement dit, les droits non écrits ont également leur poids et les personnes ayant occupé les terres par la mise en valeur peuvent jouir de leur propriété. Nous avons un vide juridique pour ce qui est des terrains de pâturages, mais cela ne veut pas dire qu’ils appartiennent logiquement à l’Etat ou à un quelconque individu. Selon les lois existantes, l’aménagement d’une parcelle et son utilisation peuvent définir le propriétaire. Si la personne est bien un occupant traditionnel de la surface terrestre, on peut considérer cette dernière comme étant une propriété privée non titrée, selon l’article 33 de la loi 2005-019 du 17 octobre 2005, fixant les principes régissant les différents statuts des terres. D‘après la population locale, l’occupation de ces terres n’a pas été prise en compte. Les autorités ont directement considéré les terrains comme propriété de l’Etat." (28.08.2013)

Enfin, si vous êtes dans la région parisienne le DIMANCHE 15 SEPTEMBRE à 
14h n'hésitez pas à assister à la TABLE RONDE organisée par Dago-Rias à la "Fête de l'Huma" sur :


Convoitises sur les ressources à Madagascar

avec la participation de :
  • Vahinala Douguet-Raharinirina (Chercheure en Economie Ecologique)
  • Nicolas Sersiron (CADTM-Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde, Echanges non marchands)
  • JC Rabeherifara (Sociologue, "aujourd'hui l'Afrique")...        

voir le programme en entier

Et au Brésil ? Territoire
Harcellement et décès, suite aux problèmes fonciers...

lire l'article
... mais elle (tompontany brésilienne) ne baisse pas les bras !
Photo du mois
Le pasteur Bara et le pasteur de la vallée de l'Omo symbolisent la fragilité de la terre et de ses occupants...

voir la vidéo de Survival France
Musique du mois
Matsubara



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Mise à jour le 14.12.2016 : 


(source)

   "En 2005, à Madagascar, le gouvernement a adopté une grande réforme foncière. L'objectif était de reconnaître les droits locaux fonciers coutumiers et de répondre à la demande de sécurisation foncière des Malgaches. Plus de dix ans après, quel en est le résultat ? Des chercheurs viennent de rendre publique deux études sur l'impact réel de cette réforme auprès de la population.

Terrains immatriculés au nom d'anciens colons, absence de titre foncier... A Madagascar, nombreux sont les habitants qui ont connu des difficultés pour prouver leur droit à la propriété. De 2005 à 2015, l'Etat a conduit une réforme pour sécuriser les propriétaires des terres. Une innovation, comme l'explique Perrine Burnod, chercheuse au Cirad, affiliée à l'Observatoire du foncier à Madagascar.

« En 2005, il y a deux innovations, et l'idée est de se rapprocher des besoins en sécurisation de la population. C'est d'abord de décentraliser : l'Etat partage le pouvoir avec les communes, pour aider à enregistrer les droits. La deuxième idée, c'est que sur une terre qui n'est pas titrée, quelqu'un qui a hérité d'une terre ou qui travaille sa terre soit reconnue comme propriétaire sous réserve que les voisins, les personnes respectables du village et les autorités locales soient d'accord. »

Qui sont les personnes qui ont demandé un certificat foncier ? Heriniaina Rakotomalala, responsable des études et de la capitalisation du foncier à l'Observatoire du foncier dresse le profil type de ces propriétaires « officialisés ». « On remarque tout d'abord que ce sont des femmes qui certifient plus leurs terres que les hommes. Ensuite, on remarque que les moins aisés certifient les parcelles autant que les ménages riches. Ensuite, concernant l'origine, les migrants certifient plus que les autochtones », explique l'analyste.

D'après les études menées, l'impact de ces certifications n'est pas économique, mais plutôt social. Les ménages ont sécurisé la terre qu'ils pourront transmettre en héritage.
D'autres questions se posent désormais : comment attribuer de la terre à ceux qui n'en ont pas ? Comment la répartir entre les agriculteurs, et les gros investisseurs ? Voilà les nouveaux enjeux de la réforme à venir."