BARA de Madagascar

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jeudi 30 janvier 2014

Art Capillaire Bara

Coiffures - Société Bara

femme bara en deuil
   Les cheveux constituent notre identité puisqu'ils font parties de la part visible de notre corps, et de surcroît, habillent notre tête.



      L'aspect culturelle de la chevelure n'est plus à démontrer sur tous les continents. A Madagascar par exemple, la tribu Tsimihety est tout simplement désignée « Ceux qui ne se coupent pas les cheveux », même pas en période de deuil !                                                                



           
   Avant de détailler la richesse des coiffures Bara, voici d'abord un repère chronologique :
  • Selon la mythologie malgache, le nain Kalanoro était complètement recouvert par sa chevelure.
  • Avant 1822 : Andrianampoinimerina, le premier souverain merina projetant l’unification de Madagascar, semblerait porter des tresses ou des mèches libres « tirebouchonnants » de 15 cm. En fait, il portait le boko antompona ou « nœud en haut de la tête » : la totalité des cheveux rassemblée en une grosse natte nouée sur le sommet de la tête.
  • Après 1822 : Radama I (grand admirateur des armées européennes) impose la tonsure crânienne à ses troupes, en donnant l’exemple.
  • 1868 : Sous Rasoerina, la mode de cheveux courts était établie chez les merina
  • 1890 : déclin des cheveux longs chez les betsileo, voisins des Bara
  • Avant 1914 : merina et betsileo avaient déjà adopté les cheveux courts
  • Après 1914 : recrutement de tirailleurs – forte désertion des autres ethnies, pour refus de rasage de la tête
  • 1918 : adoption des cheveux courts chez les anciens combattants
  • 1926 : obligation des cheveux courts même chez les jeunes pendant le SMOTIG (Service delà Main-d’œuvre des Travaux d’Intérêt Général) 

  D'après "LES ANCIENNES COIFFURES MASCULINES A MADAGASCAR" par Raymond DECARY Journal de la Société des Africaniste – Année 1965 – Volume 35 – numéro 35-2 (pp. 282-316) : 


  "Il y a près d’un siècle, le Rév. Shaw a laissé de pittoresques détails sur la coiffure des Bara. Il remarquait qu’elle différait beaucoup d’un groupement à l’autre. Une fois tous les mois ou toutes les six semaines, écrivait-il, les cheveux sont lavés puis roulés en une foule de nœuds variant de la grosseur d’une petite bille à celle d’une orange. 



        Une fois soigneusement roulés ou même cousus (car les Bara ajoutent, s’il le faut, des cheveux étrangers), on les enduisait d’une couche épaisse de cire d’abeille mêlée à de la graisse de bœuf, de sorte que, lorsqu’elle était refroidie, chaque nœud ou boule était solidement cimenté au voisin, et toute apparence de cheveux disparaissait.




          Quand l’arrangement était de date récente, on eût cru des blocs d’argile grise mis sur la tête et les boules rendaient, lorsqu’on les frappait, « un sourd son comme si on frappait du bois » (Georges A. Shaw. The Ibara tribes. Chron. London Mission, Soc., 1876, p.237.)  





   Plus récemment, dans sa monographie des Bara publiée en 1957 (Louis Michel. Mœurs et coutumes des Bara. Mém. Acad. Malg.,c fasc. XL., 1957, 192p.)  et qui renferme, par ailleurs une foule de renseignements précieux, L. Michel se montre succinct sur les anciennes coiffures masculines ; il écrit seulement : « La chevelure était également l’objet de soins particuliers » 



        Un peu plus loin, traitant des chevelures actuelles des jeunes gens, il donne plus de détails : « Ils se font tresser les cheveux en nattes relativement courtes, mais très fines. Ces nattes sont disposées avec un grand souci décoratif, soit  en forme de roue, soit suivant d’autres dessins très curieux, et toujours originaux. Ces jeunes gens conçoivent une certaine vanité de leur coiffure. Celle-ci n’est d’ailleurs que le résultat des soins que leur consacrent ou leurs sœurs ou leur mère, ou une épouse fière de suivre un jeune mâle aussi bien coiffé.




     Pour ceux qui ne sont pas les objets de tant de sollicitude, ils portent les cheveux aussi ras sur le derrière de la tête, mais tressés en forme de crête sur le devant. Cette coiffure est appelée fidely-minea.

   Il faut regretter que cette description n’ai pas reçu le complément d’une illustration, mais on doit en retenir qu’à l’heure actuelle, quelques jeunes encore conservent la tradition ancienne, et sans doute sont-ce, avec les sery, les derniers de Madagascar.

   En fait, comme on va le voir, les anciennes coiffures Bara présentaient de nombreux types, plus ou moins variables suivant les clans. Car les Bara sont divisés en grands groupes ethniques : 
  • Bara Imamono dans la région d’Ankazoabo
  • Bara Vinda sur l’Onilahy
  • Bara Iantsantsa dans la région d’Ivohibe
  • Bara Antivonjy dans la vallée du haut Ihosy
  • Bara Be sur le moyen Ihosy et le Menamaty.




  On distingait :

1- Kidoky : tresses roulées en grosses boules ou hahakidoky appliquées sur la tête.

2- Kesakesa ou randrakasa : on divisait d’abord la toison en deux parties par une médiane, du front à la nuque ; chaque moitié était à son tour séparée en trois parts ; chacune d’elles comprenait des tresses fines roulées ensuite en petites boules ou kesa, nombreuses et bien alignées.

3- Lohavalala : il fallait posséder des cheveux assez longs. Ceux du front et de la nuque formaient de fines tresses disposées presque horizontalement et nouées ensemble sur les côtés, à la hauteur des oreilles. D’après un Malgache de Ranohira, cette disposition était censée imiter les petites digues des rizières. Avec le surplus, on formait deux grosses boules ou voivoy au sommet de la tête.


Lohavalala
4- Kirotra ou joborotra : tous les cheveux en fines tresses à extrémité nouée ; elles peuvent tomber jusque sur les épaules en cachant les oreilles et même une partie du front et des joues.


Kirotra ou Joborotra 
Bara Imamono

   Chez les Bara Imamono, hommes comme femmes portaient, jusqu’à la première guerre mondiale, soit des boules appuyées directement sur la peau, soit des boules un peu plus petites, terminant des tresses longues de 8 à 10 cm. Toutefois, d’après Barbier (Le Barbier. Notes sur le pays des Bara Imamono. Bull. Acad. Malg., t. III, 1916-1917. P.72) quelques homme savaient déjà les cheveux ras, soit par imitation des Européens, soit parce que leur chevelure, crépue et trop courte, ne se prêtait pas au tressage.




   Les coiffures n’étaient refaites qu’une fois par mois environ ; elles étaient enduites de tanifotsy ou argile blanche, et de fiente de bœuf mêlées à beaucoup de graisse de bœuf.



  Les combinaisons ci-dessous n’étaient pas limitatives et des variantes intervenaient au gré de chacun. Elles n’étaient pas rares, notamment dans la région de Sakaraha. Voici trois d’entre elles :

1- Un cimier transversal large à la base de 7 ou 8 cm et haut d’une dizaine, surmontant le front d’une oreille à l’autre ; au sommet, une dizaine de tresses d’environ 25 cm, elles-mêmes nattées ensemble dans leur tiers inférieur et constituant une sorte de boudin au-dessus de la nuque. Le reste de la tête rasée de près.

2- Sur tout le sommet du crâne et le haut de la nuque, une masse de cheveux en tignasse épaisse d’une dizaine de cm, enroulée d’une auréole rasée. En avant, de part et d’autre d’une raie médiane, une douzaine de fines tresses disposées horizontalement, nouées à l’extrémité. Sur les temporaux et jusqu’aux oreilles, d’autres tresses plus épaisses et pendantes, terminées par des nœuds épais.

3- Une calotte d’environ15 cm de diamètre, de cheveux laineux et mélangés au sommet de la tête ; le pourtour entièrement rasé ; une fine tresse frontale d’une douzaine de centimètres, commençant au contact de la calotte et descendant en avant sur le nez ; pour qu’elle ne soit pas gênante, elle est immobilisée par un cordon passant par le front et attaché derrière la tête.

   Les chefs de clan ou de groupe, quel que fût la coiffure adoptée par eux, et même si parfois ils avaient les cheveux ras à la suite d’un deuil, conservaient toujours une tresse au sommet de la tête, en symbole de pouvoir ou de commandement.





   Quant aux enfants, ils portaient vers 1920 les cheveux courts, mais on leur laissait souvent de petites tresses frontales faites avec plus ou moins de soin, et qui n’étaient guères que des tortillons.





    Suivant les endroits où les modes, telle ou telle forme dominait.


Isambo


  Chez les Bara Iantsantsa, les petites boules couvraient toute la tête en couronnes concentriques. Une photo du chef Isambo faite vers 1900 par le Service géographique de Madagascar, le montre avec cette coiffure, couverte d’une épaisse graisse blanche.


  Chez les Bara Be, les boules dominaient aussi. Quand elles disparurent, certains jeunes gens, au lieu de couper leurs cheveux ras, les gardèrent assez long, mais en brosse sur le devant ; un peigne de bois agrémentait l’ensemble.


      Certains jeunes aussi se singularisaient par une haute fantaisie. A Ivohibe, en 1926, un homme d’une trentaine d’année portait, sur un crâne ras une sorte de couronne de cheveux en broussaille, large de 4 à 5 cm, à l’intérieur de laquelle un cimier, de même largeur, était interrompu sur 3 cm vers l’occiput. En avant, deux petites tresses tombaient sur le front et de chaque côté de celles-ci, étaient conservées trois bandes étroites de cheveux.



   Dans la même contrée et vers la même époque, un autre jeune homme portait, sur sa tête rasée, la même couronne ; à l’intérieur de celle-ci, huit tresses, en deux rangées de quatre, partait du milieu de la tête pour se diriger vers les côtés, sans atteindre la couronne.



   Chez les Bara Antivonjy , les coiffures masculines comme féminines étaient constituées jadis soient des boules de taille moyenne, soit de tresses enroulées sur elles-mêmes en grosses torsades dans un même plan, et , par conséquent, aplaties ; leur nombre était de 10 ou 12 (une ornementation compliquée pouvait venir s’ajouter. Lemaire (Itinéraires dans le sud de Madagascar. Journal officiel de Madag., 1897, p 241) a vu le frère du roi de Betroka, un Zafimarozaha, portant autour de la tête un cordon auquel étaient attachés, parmi de petits sachets de cuir, des pattes de coq et de lémurien.).



  En 1923 se produisit un changement radical.




 Tandis que les hommes âgés conservaient encore l’usage traditionnel, et que les anciens tirailleurs portaient au contraire les cheveux courts, tous les autres jeunes gens adoptaient une mode nouvelle qui surprenait par son étrangeté.




   Qu’on imagine une chevelure épaisse de 1 à 2 cm au plus. 

   Dans cette toison, la coiffeuse a rasé certaines parties suivant la plus extrême fantaisie, donnant aux tonsures toutes sortes de dessins, mais leur conservant en général des formes plus ou moins géométriques.


                              
     Tantôt c’étaient tout autour de la tête et jusqu’au sommet, des tonsures en lignes concentriques ; tantôt des losanges, des rectangles ; tantôt sur la nuque, deux cercles côte à côte imitaient une paire de lunettes.
   
     
      Parfois la tonsure s’étendait et les parties rasées prenaient une importance supérieure aux parties chevelues ;

  
alors il ne demeurait plus que deux ou trois « macarons » de cheveux, de grosseur et d’emplacement variables,



parfois même un seul, de la dimension de l’ancienne pièce de cinq francs, placé au sommet du crâne ou sur le côté ; ces macarons pouvaient même parfois se réduire à la dimension d’une de un franc. 


    
  
Mais aucun de ces jeunes n’était entièrement rasé.

    Cette mode nouvelle était en quelque sorte une généralisation des cas isolés signalés précédemment çà et là dans d’autres tribus, mais où ils étaient toujours restés exceptionnels. Elle dura une dizaine d’année pour disparaître progressivement.


Ringa - lutte Bara
     Quelle en était l’origine ? Les autochtones, interrogés à l’époque, m’ont unanimement affirmé qu’elle n’avait d’autre but que de faciliter, de rendre plus honnête le moraingy (ringa en dialecte Bara) qui est le jeu de lutte à main plate dans un corps à corps individuel (voir sur le moraingy : R. Decary A cette lutte, les jeunes se livraient avec frénésie, d’autant plus qu’elle entrainait pour les vainqueurs de nombreux succès féminins. Or, lorsqu’ils faisaient antérieurement le moraingy, certains se trouvaient en état d’infériorité quand l’adversaire les saisissait par leurs longs cheveux, « coup » qui était en principe interdit. La coupe des tresses ou des boules empêchait cette fraude, et les tonsures n’étaient qu’une coquetterie. Un Bara me dit un jour : « Ce sont comme des tatouages que nous avons sur la tête ». (voir le blog "Tatsimo" sur le tatouage)

   Il est d’autre part possible qu’il existât alors une raison rituelle qu’on ait voulu taire.

   Voici enfin une coiffure particulière, rencontrée une seule fois, en 1926, chez un Bara des environs de Midongy du Sud. Sur chaque tempe, un gros « paillasson » roulé sur lui-même dans un plan ; côtés de la tête rasés, sur le sommet, cheveux libres et crépus, en cimier de casque ; sur la nuque, quatre grosses tresses atteignant le cou. C’était une combinaison des modes anciennes et nouvelles.




     Les sery ont été jadis signalés à propos des Antaisaka. Les Bara, et surtout parmi eux les Antivonjy qui vivent au contact des Antaisaka, possèdent aussi des compagnies de danseurs. 

      Leur coiffure, qu’ils conservent encore à l’heure actuelle et qui constitue leur originalité consiste en 30 à 50 tresses très serrées et huilées, à bout noué et tombant jusque sur le cou.

    Parfois les randra frontaux sont dirigés obliquement pour passer sous d’autres provenant de l’occiput, et auxquels ils sont attachés par un fil. L’ensemble est complété par une foule d’ornements. Les uns sont fixés sur les tresses : fela blancs de tailles diverses, pièces de monnaie d’argent percées, ect. ; les autres sont de sortes de diadèmes ou de résilles de perles de couleurs, arrangés avec goût en dessins variés et qui peuvent couvrir entièrement la partie antérieure de la tête. Il s’y ajoute enfin une houppe soyeuse de poils, volomboatsira. La poitrine et les bras sont aussi couverts de colliers et bracelets.


       

   Un musicien vu à Betroka en même temps que ces sery (1939) portait les cheveux du sommet redressés et emmêlés en tignasse haute d’une dizaine de centimètres ; au-dessous, sur les tempes et les oreilles tombaient de chaque côté 9 fines tresses longues de 15 à 18 cm. La nuque était rasée."
   
    
  Le cas de Remony du village bara vinda d'Amparimiaiky nous montre une coiffure travaillée, enrichie du fameux peigne plantée dans sa chevelure. 

   Son visage est sublimée par un tatouage sur le front, composé de 2 points superposés avec une sagaie reliant ses 2 sourcils.

   Ce tatouage au charbon, piqué à l'aiguille, est l'oeuvre de sa femme.




    Lors d'un décès, il me semble que tous ces cheveux et rajouts étaitent rassemblés à ceux du même clan pour être déposés dans une rivière spécifique au clan.

   Les ombiasa n'échappaient pas non plus à la coiffure sophistiquée,

                                                

tout en confectionnant des protections pour les coiffeurs ? !

    Il arrive aussi que les hommes soient coiffés d'un couvre chef selon leur goût,


     

           

dont la coiffe du souverain


et le Bara contemporain se reconnait facilement car il a faible pour le chapeau en feutre.



        De nos jours, un convoyeur de zébus est tout simplement coiffé de sa réserve de riz !



     D'après Louis Michel ("Moeurs et coutumes des Bara" in Mémoires de l'Académie Malgache - 1957 - p 30) les conquérants français ses sont heurtés à deux revendications majeures de la part des Bara, pour la préservation leur identité : 
  • le port d'arme
  • le maintien de leur coiffure


      Evidemment, les femmes Bara maîtrisent l'art capillaire.
 
       

   
   



Même de nos jours, femmes et enfants soignent toujours leurs coiffures.

               
                                   
      Même chez les tribus voisines :


              

     Lors des manifestations officielles, on retrouve la fameuse coiffure des femmes ainsi que le fameux chapeau Bara. 



Par exemple ici, pendant l'investiture du nouveau chef de la région Atsimo-Andrefana :



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   Enfin, les sarimbavy « image de femme » ont toujours existaient à Madagascar (dont chez les merinabetsimisarakasakalava et autres). Ne fréquentant pas les hommes, ces personnes sont coiffées comme des femmes.

Photo www.ladepeche.pf"
"Coiffures de Miss Trans 2011

 Notons qu'en Polynésie française, le mahu désignait autrefois un homme qui restait à la maison et faisait le travail de la femme au foyer. Cet homme, très souvent efféminé, n’était pas obligatoirement homosexuel et pouvait donc fonder une famille.    
   Tandis que le rae rae est le nom donné aux travestis masculins. Ces derniers peuvent avoir recours aux traitements hormonaux, voire à la chirurgie reconstitutrice.



Mise à jour ce : 20.09.2015 : 


   La coupe de cheveux signifie souvent une renaissance : 


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Fantaisies Bara




 Lexique :

    -   xanthoderme ⇔ cheveux du type droit
        -   mélanoderme ⇔ cheveux du type crépu







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       Le cheveux ont fait l'objet d'une exposition du 18.09.2012 au 14.07.2013 au musée du Quaie Branly sous l'égide d'Yves Le Fur, Directeur du département du Patrimoine et des collections.



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      Quelques échantillons de coiffures des ethnies malgaches sont visibles dans le palais du roi Radama, qui fait office de musée à Ilafy.




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       Pour compléter votre culture sur la pilosité, je vous recommande la lecture du livre, un poil désopilant mais encyclopédique, de Martin MONESTIER. Autodidacte et briseur de tabous, il est à la croisée des chemins des sciences humaines et du journalisme.



       "Les poils se développent chez l'homme différemment selon les parties du corps. Depuis les origines du monde, ils interfèrent sans discontinuer dans tous les rapports humains, amoureux, sexuels, superstitieux, médicaux, pénaux, commerciaux et religieux. Dans la majorité des pays occidentaux, il existe plus de coiffeurs que de boulangeries, et plus de centres de traitement du poil que de cordonneries.

       À l'heure actuelle, plus de 35 millions de personnes – dont 12 millions de coiffeurs – vivent et œuvrent pour et à travers le poil. Tantôt courts, fins, lisses et droits, tantôt longs, épais, bouclés, la production de poils, leur emplacement, leur appellation, leur utilité, leur symbolisme, diffèrent selon les ethnies et les sexes. Signes de virilité, de sagesse, de raffinement ici, ils sont ailleurs stigmates de soumission, de traîtrise, de démonialité.

      Reines du XIXe siècle, des milliers de femmes à barbe contemporaines subissent l'ostracisme du monde du travail et se tournent de plus en plus vers les tribunaux. Alors que les chauves se remémorent tristement la fuite de leurs poils capillaires, d'autres se font « raser » pour souscrire au diktat de la mode, ou encore pour « couper l'herbe sous le pied des poux, des morpions et des champignons ».

       Les collectionneurs de poils plongent quelquefois dans la délinquance pour obtenir une « pièce rare ». Les fétichistes poussent les femmes à se raser le pubis, tandis que d'autres achètent des perruques et des moumoutes pour aisselles et pubis.

       Le poil a été à l'origine de plusieurs guerres et de maintes rebellions. Indics de toutes les polices, ils se « mettent régulièrement à table » pour désigner les criminels, les violeurs, et les champions sportifs « truqueurs ». Imputrescibles, les « poils du passé » aident à la résolution d'énigmes historiques.

       Objet d'un trafic, au même titre que les cigarettes ou les objets d'art, les poils ont chaque année leur heure de gloire avec le « championnat international des barbus et chevelus » où s'affrontent les plus belles pilosités de la planète." 
    Ed. Cherche Midi (Collection Documents).
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       Le "dokodoko" a toujours du succès sur scène, c'est le cas du groupe SARAMBA !


         Voici aussi une métisse coiffée "dokodoko" de mère sud-coréenne et de père afro-américain (lui-même d'origine écossaise)



    Yoon Mi-rae

    et talentueuse de surcroît, dans "Bang Diggy Bang Bang" (방뛰기방방), où l'on retrouve le hip-hop coréen et la tabla indienne...




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    Mise à jour ce 23.03.2016 : 

       Voir aussi cette magnifique collection de coiffures africaines : 

    (page facebook)


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    Mise à jour ce 03.10.2016 : 



       Voici un article de Hlonipha Mokoena de l'University de Witwatersrand sur les cheveux des noirs. 

    (lire l'article)
    Photo du mois :


    4 commentaires:

    1. Impressionnant de qualité cet article et j'ai conscience du travail que cela représnte, ne serait-ce que pour découper les planches de l'article de Decary tête par tête. Félicitations.

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      1. Merci.
        Et l'article de "Tatsimo" sur le tatouage le complète... (http://tatsimo.blogspot.fr/2014/01/paysages-dermiques-lart-traditionnel-du.html)

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    2. Super article en effet sur un thème finalement assez peu abordé en ethnologie...Imran Barry

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      1. Agréablement surpris par ton commentaire Imran. Effectivement, c'est toi qui m'a initié à cette belle discipline qu'est l'ethnologie.

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