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lundi 2 novembre 2015

Malaso Madagascar

Image du mois
   
 


René Fulgence - 7° Art
   Ce mois-ci l'honneur revient au film "MALASO Madagascar" et à son réalisateur. Plusieurs coupures de presses et d'extraits d'interview télévisés ont permis de tracer la chronologie de cette extraordinaire histoire. 

   Voici une compilation de trois émissions télévisées qui l'ont déjà présenté : 
  • 17.09.2015 : "Clapboard - TV Plus"
  • 30.08.2015 : "Don-Dresaka - TV Plus"
  • 05.08.2015 : "Emission Spéciale René Fulgence Tovondrainy - TV Plus"
   
       Auparavant, il est indispensable de passer par la biographie du scénariste pour bien prendre la mesure de la profondeur de son oeuvre.


   René Fulgence Tovondrainy est né à Toliara un 17 septembre. Plus tard il étudiera au lycée Laurent Botokeky de la même ville. Ensuite cet autodidacte au tempérament curieux deviendra professeur d'anglais dans la capitale malgache.

   Depuis 2011, plus de 3500 personnes ont pu apprendre et se perfectionner en anglais grâce à la méthode qu'il a mis au point.



   Soucieux de la sécurité de ses élèves, René Fulgence a déménagé la première école du quartier insalubre d'Anatihazo Isotry pour un appartement à Ampefiloha. Fort de sa persévérance, il a pu ensuite faire "éviter" les escaliers du second lieu à ses élèves, car dorénavant, ils peuvent prendre l'ascenseur pour accéder à leur classe dans l'Immeuble Aro. Cette anecdote montre bien l'envie de partager et de progresser de ce professeur au tempérament  original.

   A mainte reprises il s'est rendu compte lors des échanges avec ses élèves que ces derniers ignoraient complètement ce que c'est un malaso

   C'est à partir de 2007 que ce cinéphile eut envie de faire un film. Entre temps, il prend des cours par correspondance de cinéma auprès d'une institution américaine. Puis l'écriture du scénario débuta en 2013, tiré de sa propre histoire.


( 19mn33 : "Don-Dresaka du 30.08.2015 - TV Plus" )


   Il raconte que René, son père,  fut l'un des fondateurs du village d'AndohanilakakaC'était d'avant la découverte de saphirs dans cette future ville champignon.

  Sa famille fut victime des malaso à trois reprises. Lors de la première attaque, 15 zébus furent dérobés par les malfaiteurs.  


   C'est en analysant cette situation d'insécurité dans une ambiance très violente  du sud malgache que tout prend forme.
    
 " Aiza ilay andraikitra ?
Ny saraba bem-bahoaka ve
mahafantra hoe ino zany malaso ? "
 Le phénomène malaso resurgit systématiquement pendant la saison morte, entre les campagnes agricoles. Sans emploi et dépourvus de revenus, les jeunes succombent à la tentation du brigandage. Ils acceptent la moindre proposition, même la plus malhonnête et pour pas grand chose (20mn32). Et ce dernier point nécessite quelques explications.


  1. Comme son nom l'indique en malgache "asan-dahalo" il s'agit bien ici d'activité rémunératrice.
  2. Ces actes de malveillances se font souvent dans le cercle de leurs propres connaissances. 
  3. La jalousie (donc l'envie) est le catalyseur de ces exactions, donc principale inspiration du scénario (21mn45).
  4. A vrai dire, le commanditaire du vol ne paie pas les petites mains qui vont  subtiliser les zébus. Sa joie réside tout simplement dans le fait d'avoir puni  le "fanfaron" possesseur de zébus (panarivo). Il laissera la totalité du butin aux malaso qui souvent vont céder à un prix symbolique leur capture ! 

  Chez les Bara, il est recommandé de ne pas trop afficher la taille de son cheptel afin de ne pas susciter la convoitise des autres. La moindre arrogance d'un propriétaire provoquera sa propre perte !

MALASO Madagascar ou Bandits de Madagascar

est un docu-fiction-autobiographique dont le théâtre est l'Isalo, dans région Ihorombe en plein pays Bara.


" Les exploitations des gisements d'Ilakaka empiètent sur le Parc national de l'Isalo ! "
   

1997 - Ilakaka - 1999

   Le film a été tourné entièrement dans un environnement naturel. La plupart des scènes se sont déroulées dans l'Isalo, notamment à Ranohira, à Ambazy qui se trouve à 15 kilomètres du troisième site Ilakaka. Quelques scènes se passent aussi à Antananarivo.


   A la fois producteur et scénariste René Fulgence Tovondrainy joue aussi le rôle principale : 

  "Paoly, un élève militaire rentre précipitamment dans son village car son jeune frère vient d’être abattu par les dahalo et qu'il doit protéger sa famille... Ce jeune bachelier est jalousé car il a pu suivre des études... "





 
  Les trente jours de tournage en saison de pluies apportent une touche esthétique aux images parce que l'Isalo est magnifique dans sa robe de verdure. De même, les figurants sont plus disponibles pendant cette période comme le réalisateur l'a expliqué précédemment.



   Organisés en bandes armées, ces voleurs de zébus écument les campagnes malgaches au détriment des éleveurs.


   L'insécurité est inhérente : au quotidien des paysans, le soir dès que l'équipe du tournage quitte les lieux... 

  Remenabila n'est que le révélateur : 

  Le film dénonce que le chaos s'installe en l'espace de 2 heures seulement quand on est victime !  



   Il est fondamental d'apporter quelques précisions ici. Les profanes ont tendance à faire entretenir une idée révolue comme quoi les BARA sont des voleurs de zébus. Le phénomène dahalo ou malaso a largement dépassé cette pseudo tradition. Ni René Fulgence (acteur - scénariste) ni Matsubara (compositeur de la bande original du film) tous les deux Bara, n'ont eu besoin de voler de zébus pour parvenir à fonder leur famille !

   Ce qui nous invite à remettre les choses dans leur contexte : le phénomène malaso est le révélateur d'un mal social profond (chômage, défaut d'infrastructures...).



 "Tsy misy fivoarana mihintsy ny fiainany.
Manao Hazo Lava  ny vaohaka mifamonjy
 (48mn07) Ny zanany lahy iray nanenjika
sy nitiftra dahalo iray. Nahatoky fa voaaron'ny ody.
Saingy matin'ny dahalo sasany koa izy avy eo.
  A cela s'ajoute le bouleversement de la société traditionnelle par ces jeunes fortement armées, fruit de trafic d'armes au niveau national impliquant des élus. Tout comme la falsification des passeports des zébus, où des élus mais aussi des vétérinaires sont impliqués. Une filière de blanchiment des zébus volés pour alimenter en viande le pays (400 zébus sont abattus chaque jour rien qu'à Antananarivo et au moins 40 % des zébus consommés dans la capitale malgache seraient des zébus volés) mais aussi quelques îles de l'Océan Indien (Comores, Maurice, Seychelles).



"Maro ny olona tsy mahafantatra
hoe inona izany malaso ?
  Plusieurs campagnes de "pacification" ont été faites depuis plusieurs décennies. Momentanément, les vols se réduisent dans un secteur pour mieux surgir encore plus violemment ailleurs. D'ailleurs l'implication des militaires est évoquée régulièrement par la presse nationale. Les débordements qualifiés de dégâts collatéraux ont même fait l'objet d'une cession plénière aux Nations Unies. Les phénomènes dahalo et malaso ne sont que la révélation d'un problème plus profond sur la Grande Île : l'insécurité !     

   Les militaires ont organisé en présence de l'ancien premier ministre une séance très médiatisée de reddition de millier de dahalo. Le débat est ouvert sur la crédibilité de cette solution. Au delà du coût de cette opération (une enveloppe de 22 milliards d’ariary est prévue pour ce projet dahalo miova fo) il reste aussi le problème d'impunité des délinquants et plus tard des risques de récidives si aucun projet social ne les réinsère réellement.


(source)
  L'ambiguïté de ces problématiques ouvre le champ à René Fulgence qui a déjà fini d'écrire Malaso II et Malaso III. Ces deux suites lui donneront l'occasion d'entrer en profondeur dans cette univers et de proposer des solutions, du point de vue d'une ancienne victime de brigandage et aussi en tant qu'éducateur.   




   Il a donc eu le souci de coller le plus possible à la réalité. « Quand on a tourné ce film il y avait de vrais dahalos parmi mes acteurs » poursuit le réalisateur.




  "Malaso Madagascar" a été projeté en avant-première le 27 juillet au Carlton. Ensuite, il a été diffusé en salle au Centre Culturel Esca le 01 août, suivi de quelques séances encore. Comme partout dans le monde , la difficulté des films de petits producteurs touche aussi le septième art malgache. Heureusement il reste la possibilité de la sortie en DVD dès le 27 août.


  Cette dernière solution est aussi vulnérable face au piratage. Ceux qui achètent les DVD pirates sont des malaso50000 exemplaires seront disponibles dans les points de ventes habituels à Antananarivo (Super Music Analakely, les grandes surfaces de la capitale) mais aussi chez Spoken English Course à l’Immeuble Aro Ampefiloha. Malaso 2 et 3 seront aux normes internationales (version sous titrées) et leurs sorties dépendront donc du soutien du public.

(1h28mn10) "explication de la technique
 du canon du fusil visant le passage
obligé à proximité du vala"
  Effectivement, rien que le premier film a nécessité 100 millions d’ariary soit plus de 30000 euros pour sa réalisation, même si la majeur partie des figurants sont d'anciens dahalo. D'ailleurs ces derniers ont été d'excellents conseillers techniques puisqu'à maintes reprises ils ont repris l'équipe en leur expliquant qu'ils "opéraient" plutôt comme les spectateurs le verront dans le film.  

  Il ne faut pas manquer de signaler Ducker Young qui a contribué largement à la partie post production de cet aventure (2 mois pour le montage). Ce technicien est déjà connu pour ses effets spéciaux et ses talents en graphisme.

 Ce long métrage de 114 minutes a nécessité 28 mois de travail et a été produit  par Madagascar Island Pictures.


  Le tournage est anecdotique car nous avons affaires à de personnes qui n'ont jamais vu de caméra de leur vie. Beaucoup sont illettrés et toute notion de  script est difficile. L'écriture est en dialect bara. Le fokonolona a fourni beaucoup de figurants. Il a fallu préparer du sakafo pour 70 personnes pendant les 30 jours de tournage sur le terrain.


  Il est important aussi de noter la place importante des mohara ou porte-bonheur ou talimans anti-balles dans cette histoire. Si l'acteur principal est chrétien, la plupart des rôles secondaires sont joués par des animistes qui ont foi aux fanafody.
  Même certains militaires, qui traquent encore ces brigands sur le terrain actuellement, font écho de cette foi.

   Le dialecte Bara prime ici. C'est une occasion pour s'y familiariser !

ACTEURS
&
FIGURANTS
René Fulgence Tovondrainy
Matsubara Tcheck Julien
Serge Rakotomalala
Ducker Young
Kanto
Mahatsanga
Ramarolahy
Mahatoy
Teda
Kotomainty
Lanto
Lahikoa
Terosy
Emelie
Andrianandraina
Frédérick
Randrainantenaina




       "Je veux vraiment que les gens qui habitent ici en ville réalisent que les dahalo sont très très dangereux et qu'ils se rendent compte qu’il faut faire quelque chose pour empêcher leurs actions criminelles". René Fulgence.





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MAKING OFF



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BANDE ORIGINALE



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REVUE DE PRESSES

" Madagascar Islad Pictures, et s’attèle à écrire un scénario qui s’inspire d’une histoire vraie (...) Malaso Madagascar, c’est aussi un voyage au cœur de la culture malgache, puisqu’elle montre les valeurs culturelles et les croyances animistes auxquelles appartiennent une bonne partie de la population dans le Sud" ( Midi Madagasikara ) 


 "Avec près d’une vingtaine d’acteurs au casting, le film a, lui aussi, réussi l’exploit de réunir une bonne pléiade d’habitants de la région pour les épauler au niveau de la figuration et à l’approche des zones à risques." (Express de Madagascar)


"Cette première production de sa maison de production « M.I Pictures » qui a été créée l’année dernière mettra en avant les inquiétudes des villageois et leurs manières de défendre leurs biens (...) Le film s’annonce très instructif". (l'observateur Mada)
 "René Fulgence ne s’est pas contenté de faire connaître l’envers du décor de l’histoire des Malaso qui gangrènent, depuis fort longtemps l’économie nationale en général et celle du grand sud en particulier mais, à travers ces rouleaux, en produisant son film, il s’est conformé aux normes internationales en utilisant de nouvelles technologies inhérentes à la production cinématographique" (Sobika)

(RFI)



(AllAfrica- Midi)
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05.08.2015 : "Emission Spéciale René Fulgence Tovondrainy - TV Plus"

30.08.2015 : "Don-Dresaka - TV Plus"


17.09.2015 : "Clapboard - TV Plus"

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Mise à jour ce 08.12.2015 :

Article complémentaire :


Comme le remake malgache d’un western à la Sergio Leone, « Malaso Madagascar » se passe dans le Sud et met en scène un village terrorisé par une bande de « dahalo ». Toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé n’est donc pas une pure coïncidence. 

Non ce n’est pas Il était une fois dans l’Ouest, mais presque ! Un film qui aura mis huit ans pour accoucher, et franchement cela en valait la peine. Malaso Madagascar, premier long métrage de Madagascar Island Picture, est l’un des rares films à avoir été projetés chez nous en avant-première. Et dans un cadre luxueux qui n’est autre – accrochez-vous – que le cinq-étoiles Carlton d’Anosy… rien à avoir avec le Sud aride ! Tout le monde est cependant d’accord pour donner à cette production malgache toute la place qu’elle mérite sur la scène nationale. Son producteur René Fulgence, un jeune professeur d’anglais, qui a aussi le premier rôle dans le film,

a mis toute son énergie et presque tout son argent dans ce projet. « Plus de 120 millions d’ariary ont été investis, depuis les matériels de production jusqu’à la finalisation des DVD. Nous avons voulu que tout soit irréprochable. Les cinéphiles malgaches méritent bien cela », confie-t-il.

Pitch à la Règlement de comptes à OK Corral. Paul, l’aîné d’une famille du Sud, l’un des rares enfants du village d’Ambazy à avoir obtenu son Baccalauréat, intègre l’école militaire et suscite par là-même la jalousie au sein de la communauté. Des envieux commanditent une bande de dahalo pour qu’ils volent les zébus des parents de Paul. Ce dernier est alors contraint de revenir au village pour protéger les siens… Dès les premières secondes on est captivé par ce film qui permet de comprendre – bien mieux que tout ce qui a été fait jusqu’ici – ce phénomène culturel et social des dahalo, devenu au fil du temps un fléau national. Car ici, ça sent vraiment le vécu. Et pour cause ! « J’ai grandi à Ilakaka et j’ai subi par trois fois des attaques de dahalo. J’en ai encore le ventre serré à cause de la peur que cela engendrait. C’est cette ambiance réelle de tout un village terrorisé par ces bandits que j’ai voulu faire passer dans mon film », explique René Fulgence.

La cinquantaine de figurants qu’on voit dans le film sont d’une grande vérité, et pour cause là encore, ce sont d’authentiques villageois. « Pour conserver leur fraîcheur, je ne leur ai pas fait lire le script. Ils étaient briefés au fur et à mesure qu’on tournait. Je ne leur ai pas demandé non plus de retenir ni de répéter exactement leur texte qui est d’ailleurs écrit en dialecte bara. » Le casting s’est déroulé dans cinq fokontany environnant le lieu de tournage. S’agissant d’authentiques paysans, les figurants « jouaient » l’après-midi, après avoir travaillé le matin aux champs. « Ils étaient rétribués 20 000 ariary par jour, ce qui n’est pas mal sur un mois de tournage. Et plus 5 000 ariary s’ils étaient tués dans le film, car ils sont très superstitieux. »

La violence est bien présente, en accord avec le sujet, mais aucune blessure n’est réelle. Seules les 20 kalachnikovs utilisées dans film le sont. Pour autant, aucun vrai coup de feu n’a été tiré. « Les sons et les effets ont été ajoutés au montage. Un montage qui a duré quatre mois, car on avait à coeur de présenter un travail vraiment abouti. » Mission accomplie : Malaso Madagascar restera dans les annales du jeune cinéma malgache et fera sans doute son chemin sur l’international. Une suite 2 et 3 est d’ailleurs en gestation."
HildaHasinjo

(source)

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Mise à jour ce 09.12.2015 :

Le cinéma malgache, une histoire vieille de 81 ans !


"Excelsior, Gallieni, et Universel… c’est dans ces salles que le public malgache découvre le cinéma pour la première fois avec Charlot notamment. C’était à la fin de la première guerre mondiale. Le cinéma, à l’époque était encore muet. Le film parlant atteindra Madagascar dès 1935. En 1936, se crée à Madagascar « le Consortium Cinématographique », société de diffusion du cinéma qui, non seulement achetait des films, du matériel de projection, des bandes adhésives, des lampes mais aussi formait des techniciens pour l’entretien de ce matériel. Vers les années 1935-1940, les premiers cinémas tenus par des Malgaches (couple Rabenja) tels le Valiton (1937) et l’Eden (1939) projetaient les premiers films parlants. Seuls les gens de la classe supérieure y accédaient car autrefois, on n’y venait pas pour se divertir mais surtout pour se montrer.

Les années 70, véritable envol du cinéma malgache. Les années 50 voyaient l’ouverture par le Consortium Cinématographique, de la grande salle du REX (849 places) et l’inauguration de Métro (200 places) en 1948 avec le film« Le troisième homme ». Le cinéma malgache est né du documentaire. Le plus ancien, « La mort de Rasalama », a été réalisé en 1947 par Raberojo à l’occasion de la cérémonie commémorative du centenaire de la mort de Rasalama. Dans les années 70, la diffusion en plein air est apparue. On assiste à la démocratisation du cinéma. Il devient populaire et les séances sont attendues par tous. A partir de 1969, les autorités ont montré un intérêt certain à promouvoir le cinéma qui pouvait être une arme efficace pour le développement de la population malgache composée de 90 % de paysans. Dans le sens de cette politique, le Centre Malgache de Production de Films Educatifs (CMPFE) a été créé en 1969, afin de réaliser des films éducatifs et des documentaires de courts et moyens métrages. L’étroite collaboration avec l’animation rurale a permis la projection de 21 films éducatifs et documentaires dans les villages les plus reculés de l’île. Si quelques films comme « Itoerambolafotsy » et « Général Labigorne » (1958) furent réalisés durant la période colonial, la production d’un cinéma national de fiction a fait ses premiers pas pendant les années post-indépendance. Le véritable envol du cinéma malgache se situe autour des années 70 avec « Saribao » de Hugues Raharimanantsoa, « Lalao Fahiny » de Nairo Rahamefa en 1971 et « Tranon-Kala » un court métrage de Richard Claude Ratovonarivo réalisé la même année.

En 1972, le film « L’Accident » de Benoît Ramampy (aidé par les institutions françaises : prêt d’une caméra venant de Paris durant 2 mois de tournage par le CCAC) obtient, par la suite, le prix du meilleur court métrage au Fespaco à Ouagadougou (Burkina-Faso). Enfin, sont produits en 1973 « Very Remby » ou « Le Retour » de Solo Ignace Rand Asana, « Rovi-damba Ririnina » de Jeannot Rarojo et « Asakasaka » de Limby Maharivo. A cette époque, la plupart des réalisateurs se sont formés à Madagascar « sur le tas », puis se sont ensuite perfectionnés en France dans des écoles renommées. Le CMPFE a mis en place des formations pour les techniciens durant les années 60-75. Les films ont bénéficié des aides de la Coopération française, du Ministère de l’Information, de la Communication et de la Culture malgache, de Sorex, de l’ONCIC. Vers les années 70, le Consortium cinématographique commença à attribuer des subventions à des réalisateurs. En 1975, on comptait une cinquantaine de salles sur tout le territoire. Le Consortium Cinématographique était propriétaire de 10 salles, toutes équipées de projecteurs 35 mm : 5 dans la capitale et un dans chaque province. Les autres salles appartenaient aux sociétés : Anjary, Omnium Malagasy, Spectacles et Publicités. La diffusion ainsi que l’entretien de toutes les salles étaient cependant gérés par le Consortium Cinématographique qui importait jusqu’à 350 films par an. Ce bel élan de création fut pourtant stoppé net par la révolution socialiste qui considéra le cinéma non pas comme un vecteur de rêve mais plutôt comme un instrument de propagande politique.

1975 : un tournant pour le septième art malgache. L’instauration en 1975 d’un régime « révolutionnaire », placé sous l’autorité de Didier Ratsiraka, va bouleverser le fonctionnement du secteur de l’audiovisuel. Selon la Charte de la Révolution Socialiste Malagasy, « l’information qu’elle soit écrite, parlée ou audiovisuelle, doit donc aider à la réalisation des objectifs fondamentaux de la révolution tels qu’ils ont été définis. C’est un moyen privilégié d’éducation du peuple, d’organisation des masses, de diffusion des idées… » Le Ministère de la Culture se dénommera d’autant plus le Ministère de l’Idéologie ! Cette Charte à double sens, privilégie le monopole d’Etat qui sera exercé par l’Office Malgache du Cinéma (OMC) remplaçant, en 1978, le CMPFE (l’OMC deviendra Cinémédia, une société anonyme sous tutelle de l’Etat en 1986). L’OMC impose ses directives à des sociétés privées comme le Consortium Cinématographique qui distribuait une grande partie des films à Madagascar et dont l’activité était totalement rentable. En 1975, le Consortium Cinématographique devient le Consortium Cinématographique Madagascar (séparation juridique avec le Consortium Cinématographique qui gérait toutes les salles de l’océan Indien) et resta une société privée mais avec une activité nationalisée. L’OMC se consacra seulement à la diffusion des films, mit de côté la production qui commençait à prendre naissance à Madagascar. Le Consortium Cinématographique Madagascar devait sous l’ordre de l’OMC diffuser des films de propagande politique venus d’Union Soviétique, de Corée ou de Cuba. L’OMC avait l’entière liberté du choix et du contrôle des films importés.
De 1978 à 1992, les importations totales ont été de 1 094 films seulement. Les tickets, devenant de plus en plus inaccessibles et les programmations n’étant pas au goût du public, les salles sont désertées. Les films russes ou coréens, sous-titrés en Français ou en version originale, écartaient d’autant plus la jeunesse qui en pleine malgachisation ne comprenait que les films dans la langue nationale. Le public s’orientait alors vers les quelques films d’actions dont la compréhension ne nécessitait pas la lecture du sous-titrage en français et vers les vidéoclubs clandestins qui ont fait leur apparition en 1985 pour connaître un succès sans précédent en 1986. De 1981 à 1996, le nombre de spectateurs à Madagascar passe de 3 559 744 à 199 499.

De salles de cinéma à entrepôts. A partir de 1989, les salles ferment progressivement leurs portes et deviennent des entrepôts, des annexes d’hôtel. Dans la capitale, il ne restait plus que le Ritz et le Rex qui proposaient deux séances : 14h et 16h30 plus une troisième, à 18h30 le samedi et le dimanche. La séance de 20h a définitivement disparu du fait de la raréfaction des transports et d’une délinquance en progression. En province, les salles de Fianarantsoa, Mahajanga et Tuléar ferment également. En juin 1996, le public déserte les salles définitivement et toutes les salles de la capitale ferment leur porte. A partir de cette date, on parlera de « salles obscures ». A cette époque, un texte de loi sera mis en place pour la libéralisation des salles, qui ne sera jamais signé. Dès 1975, comme la production cinématographique entre dans une phase de sommeil, les techniciens formés aux techniques cinématographiques se tournent vers les chaînes de télévisions locales et optent pour le format vidéo afin de réaliser en majeure partie des documentaires et des clips. Quelques films de fictions ont été réalisés en vidéo : « Le prix de la paix » réalisé par Rakotozanany Abel en 1987, « Liza » réalisé par Solo Ignace Randrasana en 1995 et « Adim-Piainana » réalisé par Rakotonanahary François en 1996.
La production cinématographique ne compte que 4 films. « Dahalo, Dahalo » (voleur de zébu) le film de Ramampy Benoît sera réalisé en 1983, mais n’a pu être projeté sur les écrans de la Grande Ile qu’en 1990. Ce film fut censuré car il montrait de façon trop réaliste le problème de l’insécurité rurale. Le film « Ilo Tsy Very » ou « La graisse ne se perd pas » réalisé en 1985 par Solo Ignace Randrasana, chronique historique sur la rébellion contre la colonisation française, une coproduction algéro-malgache qui a fait le meilleur score : 127 977 spectateurs entre 1987 et 1989. En revanche, le coût de la production n’a pu être amorti. Le réalisateur Raymond Rajaonarivelo, lui, a décidé de s’exiler en France. Il réalisera « Tabataba » en 1988, film marquant sur les événements de 1947 qui recevra le prix spécial du jury au festival de Cannes, ainsi que « Le jardin des corps » en 1994, un court métrage sur l’œuvre du sculpteur Ousmane Sow et « Quand les étoiles rencontrent la mer » en 1996.

Les années post – 2000. Les productions se multiplient. De plus en plus de films « vita gasy » voient le jour. Mais ce sont des films commerciaux pour la plupart. Le public répond néanmoins présent. Le « film gasy » n’a jamais eu autant de succès. Les vrais réalisateurs de cinéma se font cependant rares et la plupart du temps au stade du court-métrage. A l’initiative de Laza avec l’appui des partenaires étrangers, les Rencontres du Film Court, unique festival de cinéma à Madagascar, œuvrent pour offrir une véritable plateforme au cinéma malgache. Rencontres, échanges, formations, éducation à l’image, ateliers, concours de courts-métrages malgaches, fonds d’aide, distribution sont aujourd’hui les mots d’ordre du festival pour redonner ses lettres de noblesse au cinéma malgache. Pourtant, ça reste un festival de découverte et d’encouragement, car les cinéastes font face à des budget très bas pour réaliser les films, très très bas même, presque insignifiants par rapport à l’effort à fournir pour avoir une bonne qualité. En plus, la plupart d’entre eux, comme c’est le cas dans d’autres pays d’Afrique, manquent de formation au niveau de l’écriture et de la technique même. Pourtant l’envie des jeunes de produire avec peu de moyens est très révélatrice d’un besoin d’expression. Il y a là un vivier de talents qui n’attendent que d’être formés et de partir partager les imaginaires malgaches parmi les cinémas du monde. Ludovic Randriamanantsoa, Luck Razanajaona, Ando Raminoson, Tovoniaina Rasoanaivo, Lova Nantenaina, Haminiaina Ratovo… on l’espère, y arriveront un jour."
Mahetsaka (Midi Madagasikara)


(source)
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Mise à jour le 19.12.2016 :
   J'ai enfin reçu le DVD ! En attendant de le voir voici quelques photos au musée cinématographique de Lyon.





   Et voici la bande annonce du deuxième volet de cette trilogie :



"Fort du succès du premier opus sorti en 2015, «Malaso, Madagascar» revient sur le grand écran, ce 3 mars, au PK0 Soarano. S’ensuivra une soirée animée par Black Nadia et Matsubara. Un cabaret qui mettra au diapason le «beko» du Sud de Madagascar et le «coupé-décalé».

Le 7e art malgache trouve son second souffle. Après quelques années de stand-by, l’aventure continue pour René Fulgence Tovondrainy et ses compagnons de route, vers le Grand Sud où les malaso n’ont pas fini de faire parler d’eux.

Comme dans le premier volet, l’intrigue s’articule autour de Paul, un jeune élève militaire, qui doit rentrer dans son village natal à Ambazy dans le Sud de Madagascar, pour protéger sa famille alors que son jeune frère et son cousin viennent de tomber sous les balles des bandits de grand chemin.

«La particularité de cette histoire est qu’elle est tirée de faits réels. J’ai voulu apporter ma part de pierre pour dénoncer les exactions des dahalo dont moi- même et ma famille avons été victimes», a-t-il avancé, intervenant sur une chaîne locale.

Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, les acteurs principaux sont composés de René Fulgence, de Matsubara qui a d’ailleurs composé la bande originale, avec en prime, Black Nadia qui fait une brève apparition dans la bande-annonce".




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Mise à jour le 03.03.2017 :

   Sortie officielle hier ! 

(lire l'article)
   "Une épopée cinématographique unique dans le Sud de la Grande île, illustrant sans équivoque la réalité de cette région. « Malaso Madagascar », produit par la maison de production Madagascar Island Pictures et réalisé par René Fulgence, s’affirme comme le « Block-buster » malgache par excellence, depuis la sortie de son premier volet en 2015. Principalement sorti en DVD au-delà de ses quelques projections dans la capitale et en provinces, le film a connu un franc succès auprès des cinéphiles nationaux.

   Audacieux et porté par une réalisation qui a fait appel à des techniques et du matériel quasi aux normes internationales, « Malaso Madagascar » reflète la culture du « Dahalo » dans le Sud. Il illustre une immersion inédite dans le monde de ces bandits de grand chemin, ainsi que la lutte de la population locale face à l’insécurité constante qu’elle subit. Le film conjugue faits réels et fictions, le tout orné d’une bonne dose d’action.

   Prévue sortir officiellement ce 3 mars lors de son avant-première au Pk0 Antanimena, la suite « Malaso Madagascar 2 » promet ainsi plus de divertissements et de découvertes au public. « On peut dire que pour cette suite, nous avons mis les bouchées doubles. Cette identité culturelle propre au Sud y est mieux retranscrite, autant à travers les personnages que notre choix de le réaliser exclusivement à travers le dialecte Bara local », affirme René Fulgence, à la fois réalisateur et acteur principal du film.

   Histoire originale

   Toujours à l’image de ces films d’action et d’aventure des années 80, à travers
« Malaso Madagascar 2 », on retrouve donc le jeune Paul, interprété par René Fulgence. Suite aux évènements du premier volet, durant lequel il a affronté tout un cartel de banditisme aux côtés des villageois de Mariagna, il s’est fait une place d’honneur auprès de ces derniers. « Avec ce deuxième volet, on mettra surtout en avant cet état d’esprit tenace et persévérant des Malgaches. De même que la solidarité et la fraternité propre à notre culture, face à ceux qui souhaitent nous diviser. Le tout, saupoudré de plus d’actions et de grands spectacles », souligne le réalisateur.

   L’histoire raconte ce qui semble être la réalité de la vie dans le Sud de la Grande île, où insécurité et pillages constants font rage et sont perpétrés par nul autre que ces « Malaso », autrement dit les « Dahalo », ou bandits de grand chemin locaux. Madagascar Island Pictures s’est attribué les moyens nécessaires pour faire en sorte que le film soit le plus authentique possible. Ne serait-ce que pour le choix des lieux de tournage, à savoir à Ilakaka, Betroka et ses périphéries qui représentent parfaitement ces couleurs du Sud. Les acteurs ne sont pas en reste, à l’image des villageois locaux qui s’en sont donnés à cœur joie pour jouer dans le film".

Andry Patrick Rakotondrazaka

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Mise à jour le 12.03.2017 :

   Tournée nationale :

  • 10 mars à Toamasina
  • 17 mars à Mahajanga
  • 24 mars à Fianarantsoa
  • 31 mars à Toliara
(lire l'article)

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Mise à jour ce 20.05.2017 :

   Voici un article en malgache expliquant le pourquoi et le comment de vol de zébus fin XIX° :

Halatr'omby : Fomba amam-panao malagasy tany aloha

   "Tato ho ato ary saika ho isan'andro dia niseho lany teto amin'ny firenena ny halatr'omby, fa indrindra tamin'iny tapany atsimon'ny Nosy iny.

   Iaraha mahalala fa araka ny fehezandalana manankery dia sokajiana ho heloka bevava ny halatr'omby. Raha zohina anefa ity resaka halatr'omby ity, raha eo amin'ny lafiny ara-kolotsaina dia tsy tokony ho hadinoina fa azo kilasiana ho fomba amampanaotsika malagasy ihany izy ity teo aloha ary dia mbola hita taratra izany hatramin'ny faramparan'ny taona 1975. Ankehitriny anefa dia iaraha-mahita fa niova amin'ny endrika feno habibiana izany, ka very tanteraka ny endriny fahiny amin'ny maha kolotsaina azy. Araraotina etona ary ny ampatsiahy antsika izany endrika maha kolotsaina teo aloha an'izany halatr'omby izany.

   Araka ny voalaza ery ambony dia amin'iny tapany atsimon'ny nosy iny, ka ny foko Bara, (ahitana izany ihany koa ny sasantsasany amin'ny foko Antandroy sy Antanosy ary Sakalava), no tena niaina ity fomba amam-panao ity.

   Fantantsika tsara fa nivelona tanteraka tamin'ny fiompiana sy fambolena ireo foko voalaza ambony ireo ka ny heritsandry no tena niasa satria tamin'izany fotoana izany dia mbola tsy nisy fitaovana afa-tsy ny angady ihany, izany hoe ny fampiasam-batana no entina miasa tany. Raha teo amin'ny lafiny fiompiana indray dia ny heri-tsaina sy ny fahasahiana no tena nilaina satria zava-tsarotra izany fiandrasana sy fanangonana omby izany satria ny omby dia mazàna apetraka miala lavidavitra ny tanàna na apetraka any anaty ala mihitsy aza matetika ireo omby ireo. Toy izany no asa andavan'andron'ny raimpianakaviana entina hamelomana ny ankohonana. Mazava ho azy ary fa raha lehilahy osaosa dia tsy ahatontosa velively ny famelomana ny ankohonanany.

   Azo lazaina fa lalan-tokana teo amin'ny tanora lahy entina hampisehoana ny heriny sy tanjany teo anivon'ny fiara-monina ny fangalaran'omby. Tsy vitan'ny hoe mangalatr'omby fotsiny anefa fa mitohy amin'ny famonjana an'ilay tanora nangalatr'omby izany. Koa ireo tanora lahy te hanana "ny maha izy azy" dia tsy maintsy mandalo amin'ity fangalaran'omby ity daholo ny akamaroany.

   Anisan'izany ireo tanora lahy te hiroso amin'ny fanambadiana ka anjaran'ny ray aman-drenin-dravehivavy no manadihady ny zava-bitan'ilay tanora lahy.

   Manatombony bebe kokoa ny tanora lahy iray manoloana ny hafa raha toa ka misy holatra na tako-pery eny amin'ny vatany, toy ny dian'antsy na lefona vokatry ny fifanjevoana nandritra ny halatra.

   Tamin'izany fotoana izany anefa dia azo lazaina fa nisy fitsipika ihany na fomba tokony tsy maintsy arahina ireo tanora mpangalatr'omby, ka ireto misy karazana fitsipika vitsivitsy : 
  • Tsy azo angalarina ny ombin'ny fianakaviana na fati-drà
  • Tsy mahazo mangalatra ny ombin'olona sahirana ara-pivelomana toy ny kilemaina, maty vady, beantitra
  • Ombilahy na omby vositra irery ihany ny tokony ho azo angalarina
  • Tsy mihoampampana ny isan'ny omby angalarina
  • Tsy azo hoentina mihoatra ny faribohitra ireo omby nangalarina ireo
  • Tsy azo atao ka tsy mintsy sorohina ny mamono mahafaty mandritra ny halatra, na olo-tsotra izany na mpitandro ny filaminana

   Azo lazaina fa feno ny tanora lahy iray raha avy nandalo an'io sehatra io ka miverina eny anivon'ny fiaraha-monina indray amimpahatokisan-tena tanteraka.

   Raha jerena dia ho toy ny nahavita "raharaha miaramila na fanompoampirenena" ireo tanora afaky ny fonja nohon'ny halaran'omby tamin'izany vanimpotoana izany ka sahalan'ireo olona voasedra teo amin'ny fiainana ka hanorina fiainam-baovao indray.

   Mipetraka ihany anefa ny fanontaniana hoe, ijanona tsy hangalatr'omby intsony ve ilay olona sa mbola ho alaimpanahy hanoy izany? - Raha ireo ary ny zava-nisy sy ny anjara-toeran'ny halatr'omby tamin'izany fotoana izany , mby aiza kosa anefa ny halatr'omby amin'izao vanom-potoana hiainatsika izao ?

   Miara miaina sy mahita isika."

(source)

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Mise à jour ce 21.06.2017 :

  Le DVD "Malaso Madagascar II" sort avec des sous-totrages...


(source)

   "Après le franc succès du premier volet de « Malaso » il y a 2 ans de cela, l'équipe de Madagascar Island Picture (MIP) ressortira officiellement le deuxième volet de la saga ce 20 juin, mais cette fois-ci en DVD. Le long-métrage sera mis sur le marché de la grande distribution avec des versions sous-titrées en anglais et en français. Deux versions qui seront présentées dans un même Dvd afin que le public puisse avoir le choix quant à la langue de traduction qui lui convient. « Nous avons rajouté ces deux versions sous-titrées dans le but de faciliter la compréhension du grand public par rapport au dialecte utilisé dans le film », explique René Fulgence, producteur.

   Tourné en majeure partie dans la localité de Mariagna et en langue « Bara», un dialecte spécifique Ouest du pays, « Malaso 2 » reprend les mêmes principes qui ont fait le succès du premier. Cependant, visant des horizons internationaux, les producteurs projettent de renforcer les collaborations avec le département culturel de l'Union européenne. Ceci dans l'objectif d'inscrire le long-métrage dans l'un des festivals d'envergure internationale. « Le film remplit les critères recherchés afin de prétendre à un titre international, c'est d'ailleurs l'une des raisons de la mise en place de ces versions sous-titrées», souligne le leader MIP en concluant qu'après l'expérience réussie du premier volet, il était tout à fait naturel d'envisager la continuité de la saga pour en faire une trilogie.

   Le troisième volet est ainsi déjà prévu sortir très prochainement, suivant une continuité logique instaurée dans les deux premiers longs métrages. Le film raconte l'histoire d'un jeune homme qui a quitté son village natal pour continuer ses études en grande ville. Alors qu'il n'a pas encore obtenu son diplôme, il se voit obligé de retourner en brousse pour protéger son village et sa famille contre les attaques des bandits de grand chemin ou « Malaso »."
Harilalaina Rakotobe